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M. le maire de Hiroshima.


Au mois de septembre 2007, le photographe Michel Aguilera est venu au Musée de la Paix à Hiroshima pour photographier trente vêtements de hibakushas*. Au sous-sol du musée, là où les vêtements sont conservés, il monta un échafaudage et y posa une grande boîte en bois sur laquelle un simple objectif était vissé. Le vêtement, éclairé, était alors placé sous la grande boîte, afin que son image soit imprimée sur le papier photo. Une demi-journée de travail devait être consacrée à chaque vêtement.
Après avoir lu avec soin les documents concernant les vêtements, il rencontra de nombreuses fois les hibakushas et leurs familles afin de les interviewer. Au départ, les employés du musée qui apportèrent leur collaboration à ce projet, eurent quelques réticences, mais au fur et à mesure, ils ont été entraînés par la passion de M. Aguilera et à la fin du projet, ils ont partagé la joie d’avoir travaillé ensemble.
Pour quelle raison M. Aguilera a-t-il utilisé une méthode de photographie qui demande autant de temps et de travail, alors qu’aujourd’hui l’appareil photo numérique offre de remarquables résultats? La raison est évidente, quand on voit le rendu des photographies. Le contraste caractéristique et la coloration profonde du vêtement apparaissant sur le fond blanc, produisent une présence calme et digne à la fois. On voit apparaître lentement la mémoire de la vie et de la mort gravées sur chaque vêtement. Parmi les vêtements photographiés, il y a des vêtements qui appartiennent à des hibakushas brûlés par l’explosion, rescapés des bâtiments écroulés et ayant échappé par miracle aux flammes. On y aperçoit les perforations des morceaux de verre, les tâches de sang de tailles variées et les traces des découpes faites aux ciseaux afin d’ôter le vêtement des corps brûlés. On peut également voir des vêtements non abîmés, comme s’ils attendaient le jour d’être portés.
Les uns et les autres racontent sans dénaturer les faits qui se sont produits le 6 août 1945.
Dix-neuf mille objets irradiés sont conservés au Musée de la Paix à Hiroshima, dont cinq cents vêtements. Ces objets sont des dons faits au musée par les hibakushas et leurs familles, dans le souhait de transmettre la vérité de la bombe atomique et de ne plus jamais voir infliger cette horreur à qui que ce soit. Parmi les vêtements légués au musée, il y a aussi ceux qui ont subi leur « dernière lessive » sous les larmes des survivants.
Les Vêtements de Hiroshima de M. Aguilera expriment cette mémoire. Écoutez attentivement la voix des vêtements qui nous parlent. C’est la clameur des hibakushas, c’est notre prière et notre décision inébranlable de voir la réalisation du désarmement nucléaire et de la paix se concrétiser.

M. Tadatoshi AKIBA Septembre 2008



* Hibakushas: Nom qui désigne les victimes des explosions atomiques de Hiroshima et Nagasaki.
LES VÉTEMENTS DE HIROSHIMA - Design Art Limited
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